10 mai 2017 : long trajet vers Naryn…

Entre Balyktchy et Naryn.

Aujourd’hui l’objectif est d’aller à Naryn, 400 kilomètres au sud-ouest de Karakol. Pas de chance, lorsque j’arrive à la gare routière les deux minibus qui effectuent quotidiennement le trajet sont déjà partis. Un chauffeur me dit que je peux quand même aller jusqu’à Balyktchy, tout à l’ouest du lac Issyk-Kul. C’est à peu près aux deux-tiers du trajet que j’espère réaliser dans la journée. De là continue-t-il, je trouverai des transports pour Naryn. Je ne sais pas encore si ça sera possible aujourd’hui ou s’il faudra attendre demain.

Dans le bus. Une femme voyage avec ses deux filles, d’environ 6 et 10 ans. Elles jouent, me regardent mi-timides mi-amusées quand je sors mon thermos qui grince quand je le dévisse. À un arrêt une dame d’une cinquantaine d’années monte. La mère des filles leur fait signe de laisser la place qu’elles partageaient à deux. La dame fait signe à la plus petite qu’elle peut s’asseoir sur ses genoux. La petite refuse. La dame insiste. La petite refuse. Deux minutes plus tard, la dame la prend d’autorité sur ses genoux, dans un geste à la fois ferme et bienveillant. La mère et la fille échangent un regard en souriant… derrière cette petite scène anodine, je vois se dessiner les rapports humains entre les kirghizes, leur vision de l’éducation et l’ordre implicite qui règne dans les transports en commun.

Arrivés à Balyktchy, le chauffeur me dépose sur un parking d’où je pourrai continuer ma route vers Naryn. A peine descendue, quatre chauffeurs de taxi m’entourent. Sensation oppressante, d’autant plus que je ne comprend quasiment rien à ce qu’ils me disent.
Une voiture passe, un couple d’une soixantaine d’années, l’homme me demande où je vais. Il a l’air calme, sympathique. Alors que je comprends qu’ils vont à Naryn, une discussion s’engage entre l’homme et les quatre chauffeurs de taxi. Par leurs intonations de voix et les expressions de leurs visages, j’en déduis que les chauffeurs ne sont pas trop d’accord pour que je parte avec le couple. Ils entreprennent de me pousser gentiment mais sûrement vers leurs taxi. N’appréciant que moyennement qu’on essaie de me forcer la main, je finis par réussir à monter avec le couple. Une fois en route j’apprécie l’air, la vitesse et la place, trois critères qui manquent parfois dans les minibus.

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