19-21 mai : Arslanbob ou la plus grande forêt de noyers du mooonde

Départ vers 8h avec Yorem et Karine (le couple de néerlandais rencontrés la veille), nous et nos sacs sautons dans le 4×4 qu’ils ont loué. La route longe un long moment la retenue d’eau de Toktogul, la vue est superbe. L’avantage d’être en voiture “privée”, c’est qu’on peut s’arrêter quand on veut prendre des photos !


Presque 300 kilomètres plus tard, ils nous déposent à Bazaar Korgon et continuent vers le sud, ils veulent faire la route du Pamir. Pour nous c’est le croisement à partir duquel nous allons remonter vers Arslanbob, un village connu pour abriter une des plus grandes forêts de noyers du monde. Le mieux est de se rendre au bazar d’où partent tous les minibus, mais après avoir attendu un peu et nous être pris quelques vents, nous réussissons quand même à en attraper un au passage. Il n’y a que 50 kms entre Bazar Korgon et Arslanbob, mais la route est plutôt mauvaise et il faut presque 1h30 pour arriver à destination. On s’élève doucement, le paysage est vert… ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu autant d’arbres et c’est en les voyant défiler sous nos yeux que nous réalisons qu’ils nous ont manqué !

Un petit peu au-dessus de la place où nous dépose le minibus, nous trouvons le bureau du CBT* (Community Based Tourism). L’homme qui nous accueille parle bien anglais, et nous propose de choisir l’un des logements chez l’habitant disponibles. Nous ne savons pas lequel choisir, il y en a près de 20… Tien lui demande de nous envoyer chez ceux qui ont les plus petits moyens. Il nous propose alors une maison qui ne figure pas sur la liste car elle ne fait pas encore officiellement parti du réseau. Il s’agit d’Elia, une veuve qui a récemment perdu son unique fils. Il nous explique qu’il travaillait dans les frigos à Moscou, et qu’il est décédé de suite de maladies dues au froid… Elle a aussi deux filles dont une ne vit pas très loin de chez elle. Apparemment il est assez courant que des hommes kirghizes partent travailler quelques années à Moscou où les salaires sont meilleurs, avant de revenir s’installer chez eux.

Lorsque nous arrivons chez Elia, c’est une chouette rencontre. Elle sourie énormément, nous installe dans une petite chambre un peu à l’écart de la grande maison principale. Nous sommes ses premiers hôtes, et nous avons plus l’impression d’être des invités que des clients. Le soir elle nous prépare un délicieux repas au feu de bois, gargantuesque ! Tout le temps de notre séjour nous aurons petit-déjeuner et dîner compris, toujours aussi bon et copieux… Mention spéciale pour l’ayran maison (yaourt au lait de vache), frais et délicieux… Nous payons si peu pour tout cela**, et pourtant nous avons la sensation de nager dans le luxe. Ce qui est relatif bien sûr, le confort sanitaire est par exemple rudimentaire, mais il faut avouer que nous n’avons quand même pas l’habitude d’avoir nos repas préparés, ni une chambre à l’écart pour nous tous seuls.

Un matin Alissa est là dans le jardin. C’est la nièce d’Elia, elle a 16 ans et une envie manifeste de tester son anglais avec moi. Nous discutons, elle a pleins de questions à me poser : quels sont mes hobbies, mes chanteurs et acteurs préférés, quelles langues je parle… Je lui retourne ses questions. Elle ne parle rien de moins que 4 langues: : kirghize, ouzbek, russe et anglais. Et quelques mots de coréens, tirés des films romantiques qu’elle aime regarder ! 🙂

 

* L’objectif de l’association, créée en 2000, est d’améliorer les conditions de vie dans les régions montagneuses éloignées en développant un modèle d’écotourisme durable et sain.

** Prix par personne et par nuit (+PDJ et dîner) : 500 soms soit entre 6 et 7 euros. Normalement les prix sont un peu plus élevés lorsque les hôtes font officiellement partie du réseau CBT.

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