24 mai 2017 : en route pour Gulcha

Les pâturages sur la route de Gulcha.

En route vers Gulcha ! Je vais retrouver dans cette petite ville Aidai et Jael (prononcer “Aïdaï” et “Yael”) qui travaillent au sein de l’ONG suisse Helvetas. Un heureux coup du hasard m’avait fait les rencontrer il y a 3 semaines à Karakol, dans le nord du Kirghizstan. Après avoir demandé mon chemin à un kirghize qui surprise, maîtrisait plutôt bien quelques mots de français, je trouve une place dans un taxi partagé vers le bazar (200 soms). Le coffre de la voiture est plein à craquer de fruits, légumes et morceaux de viande énormes, le ravitaillement de toute une famille de nomades.
À côté du chauffeur est assis un homme qui a l’air diminué, je crois au début à un handicap. Quand un peu plus loin on s’arrête pour acheter des boissons et qu’il file s’enquiller une vodka au comptoir, je comprend finalement la raison de sa torpeur et de ses trébuchements. Je suis intriguée par l’attitude des autres passagers et surtout du chauffeur, qui dans une certaine mesure semble prendre soin de lui. Quel est le regard de la société kirghize sur les alcooliques ? Ceux que j’ai vu jusqu’à présent ne semblent jamais dénigrés où délaissés. Les gens leur parlent et les saluent normalement, un peu comme si de rien n’était…

Sur la route nous croisons de nombreux troupeaux de vaches, que les bergers à cheval emmènent à pâturer. Dans les plaines des campements nomades ont fleuri un peu partout. Des yourtes, des roulottes, des chevaux, des vêtements étendus à même le sol qui sèchent au soleil… la saison estivale s’approche doucement. Dans la descente vers Gulcha l’asphalte est par endroits recouverte de plusieurs dizaines de centimètres de terre : des glissements de terrain que des hommes s’activent à déblayer. Terre d’élevage, la région est en effet sur-pâturée, ce qui aggrave l’érosion du sol sur ces pentes montagneuses. Aussi, lorsque les fortes pluies de printemps arrivent en même temps que la fonte des glaciers, les inondations et les glissements de terrain se multiplient.

Au bout du trajet je retrouve Aidai, qui m’accueille à bras ouverts avant de m’entraîner dans les bureaux d’Helvetas. Elle me présente à tout le monde, et on discute des éventuelles tâches auxquelles je pourrai participer les prochains jours. Au programme pas mal de visites de fermes 🙂 Elle me fait aussi passer de la documentation sur leurs projets en cours… parfait pour me mettre un peu dans le bain !

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