Une ONG en Mongolie : le GERES

À l’intérieur d’une serre solaire passive dans le Khentii, en Mongolie. Un mur isolant et restituant de la chaleur est orienté nord, et une bâche en polyéthylène dirigée vers le sud potentialise l’énergie solaire.

Le GERES : une ONG française engagée pour un développement rural durable

Le GERES (pour “Groupe Energies Renouvelables, Environnement et Solidarité”) est présent dans deux régions en Mongolie : l’Arkhangaï et le Khentii. Leur mission est de parvenir à développer la filière maraîchère, dans ce pays où les légumes sont encore généralement peu mis en valeur. Le régime alimentaire traditionnel se compose principalement de produits laitiers et de viande, les morceaux les plus gras et les abats étant particulièrement plébiscités… il est courant de trouver des carottes, des oignons, des pommes de terre et des choux en accompagnement, mais en petites quantités. Même si le métabolisme des mongols s’est en partie adapté à cette alimentation, reste qu’à partir de 50 ans ils déclarent souvent des problèmes de santé qui seraient directement liés à la surconsommation de protéines animales et au manque de diversité dans l’alimentation.

La mise en place d’une filière maraîchère durable implique de réussir à mobiliser toute une chaîne d’acteurs qui puissent interagir efficacement et dans le temps. Le GERES déploie en ce sens une stratégie qui donne des impulsions dans différentes directions : soutien au développement des petits producteurs mais aussi à l’agrandissement de certains, ce qui a pour externalité positive d’alimenter l’investissement privé. Par exemple, lorsque le GERES finance à 50% la construction d’une nouvelle serre et que l’agriculteur apporte le reste du financement, cela donne du travail à toute une équipe de maçons pour plusieurs mois. (Petite parenthèse, il serait d’ailleurs plus juste de parler d’agricultrices que d’agriculteurs, car dans cette profession en Mongolie ce sont les femmes qui occupent le devant de la scène !).

L’un des grande contribution du GERES consiste effectivement à diffuser la construction de serres solaires passives. Spécialement conçues pour protéger des grands froids et potentialiser au maximum l’énergie solaire, elles permettent d’étendre la période de production de plusieurs mois. Un résultat important dans ce pays où les températures extrêmes permettent de cultiver en plein champ seulement 4 mois dans l’année.
L’ONG a également introduit la production de légumes au sein de plusieurs écoles pilotes, et travaille actuellement à la mise en place d’une formation technique spécialisée dans le maraîchage. Pour l’instant au lycée technique d’Ondorkhan (la plus grande ville du Khentii, région nord-est d’Oulan-Bator), seules des formations tournées vers l’élevage existent. La prison locale s’est également vue dotée d’une parcelle de légumes sur laquelle les détenus peuvent s’exercer, et par la même occasion obtenir une remise de peine.

Le maraîchage en Mongolie

De la fin XVIIème siècle jusqu’au début du Xxème siècle, la Mongolie était sous domination Mandchou. La diaspora chinoise qui s’installa alors sur le territoire mongol apporta avec elle la culture des légumes (voir ici).
Plus tard lorsque les Bouriates, des nomades traditionnellement installés dans la région du lac Baikal, se mirent à fuir la guerre civile russe (1917-1921), certains s’installèrent dans le nord de la Mongolie. Ils transmirent alors leurs connaissances aux locaux sur les cultures potagères. Malheureusement ce savoir se perdit rapidement pendant la période de centralisation de la production, sous l’Union Soviétique. Il n’était théoriquement pas interdit d’avoir un potager à soi, mais l’emploi du temps décidé par les coopératives ne laissaient pas suffisamment de temps libre pour pouvoir s’en occuper.
À la chute de l’Union Soviétique après 70 ans de tutelle russe, les productions végétales diminuèrent fortement en Mongolie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : alors que dans les années 1990 la Mongolie était autonome en céréales, pommes de terre et légumes, dans les années 2000 elle ne produisait plus que 25% de ses besoins en blé, 40% de ses besoins en légumes et 70% pour les pommes de terre.

Caractéristiques pédologiques générales en Mongolie :

– présence sporadique d’un permafrost* de 0,5m à 2,5m
– formation du sol principalement sous des températures négatives
– période d’activité biologique très courte (3 à 5 mois/an)
– processus de dégradation chimique lent
– accumulation de carbone dans les sols des steppes
– sols pierreux avec une accumulation de couches de matière organique

* le permafrost (ou pergélisol) est un terme géologique qui désigne un sol dont la température se maintient en dessous de 0°C pendant plus de deux ans consécutifs. Il représente 20% de la surface terrestre de la planète. Le permafrost est recouvert par une couche de terre, appelée « zone active », qui dégèle en été et permet ainsi le développement de la végétation.

Interview with Jael Anja Furer

Interview en plein air de deux éleveurs de yack par Jael dans les montagnes de l’Alaï.

 

Jael Anja Furer, 23 years old, is coming from Switzerland. As part of her studies in agronomy, she’s currently doing an internship with the NGO Helvetas Swiss Intercooperation, focusing on the value chain of yaks.

Jael Anja Furer, 23 ans, vient de Suisse. Dans le cadre de ses études en agronomie, elle fait actuellement un stage au sein de l’ONG Helvetas Swiss Intercooperation sur le thème de la filière yack durable. 

1/ Hello Jael, can you explain what is your academic background ?
1/ Bonjour Jael, peux-tu me parler de ton cursus universitaire ?

Hello ! I started an apprenticeship in agriculture when I was 15, it lasted for 3 years (in Switzerland around 50% of the students professionalize themselves while still teenagers. At 15 they begin an apprenticeship of 3 or 4 years, depending on the sector they choose. After this they can either study one year to go to university if they have good results, or directly start to work). During this period I lived on 3 different farms. The first 2 years we were alternating 10 days of work with 2 days at school, and the last year we had 4 months at school and had to work at the farm during weekends. After this, I studied one year in preparatory natural sciences class with the idea to enter university after. But before starting “hard stuff” I left to New Zealand : I worked during 7 months on a mixed sheep and crop farm.
Then I came back and started university in agronomy, specialising on international agriculture. I had to work at the same time as floor layer to finance my studies. I’m currently in the third year… (the university course last 3 years and 6 months)

Bonjour ! À 15 ans j’ai commencé un apprentissage en agriculture qui a duré 3 ans (en Suisse environ 50% des étudiants se professionnalisent alors qu’ils sont encore adolescents. À 15 ans ils commencent un apprentissage pour 3 ou 4 ans selon le secteur choisi. Ils peuvent ensuite choisir entre une année de prépa université s’ils ont de bons résultats ou commencer directement à travailler). Durant cette période j’ai travaillé dans 3 fermes différentes. Les 2 premières années nous alternions 10 jours de travail avec 2 jours d’école, et la dernière année nous avons eu 4 mois pleins à l’école avec travail à la ferme pendant les weekend.
Après ça j’ai fait un an de classe prépa sciences naturelles avec l’idée de poursuivre mes études à l’université. Mais avant de « rentrer dans le dur » je suis partie en voyage en Nouvelle-Zélande : j’ai travaillé pendant 7 mois pour un éleveur de moutons là-bas.
Puis je suis revenue en Suisse et suis entrée à l’université d’agronomie, avec une spéciallisation en agriculture internationale. J’ai dû travailler à côté de mes études pour les financer, en posant du parquet les week-ends. Je suis actuellement en troisième année… (le cursus universitaire d’agronomie dure 3 ans et demi)

2/ … So you are almost done ! How did you get the opportunity to do your internship first with Helvetas, second in Kirghizstan ?
2/ … donc tu as bientôt fini ! Comment as-tu eu l’opportunité de faire ton stage d’une part avec Helvetas, et d’autre part au Kirghizstan ?

The university received various internship offers, and then teachers suggested to the students where they could go according to what they know from them. There were 22 offers for 18 students,
so we were not running out of choice. I immediately wanted to go to Kyrgyzstan even if I probably wouldn’t have gone as a tourist. The project with the yak herders looked very interesting to meand I wanted to know more about it.

L’université a reçu plusieurs offres de stage, à partir desquelles nos enseignants nous ont fait des propositions en concordance avec nos profils à chacun. Il y avait 22 offres disponibles pour 18 étudiants donc nous n’avons pas manqué de choix. J’ai tout de suite été attirée par le Kirghizstan même si je n’y serais probablement pas allée en tant que touriste. Le projet (du stage) avec les éleveurs de yacks m’a paru très intéressant et j’ai voulu en savoir plus.

3/ Ok. And what was your idea of this country before discovering it “for real” ?
3/ D’accord… et quelle idée te faisais-tu de ce pays avant de le découvrir « en vrai » ?

First I knew about the nice nature. Speaking with the student who did her internship here last year, I was expecting 6 challenging months. She was the first student ever to come, and had to go through some difficulties (like no shower in the house where she was living -and where I’m living now-, no possibility to cook for herself, no interpreter to help her in her job during the 4 first months of the internship…) So I arrived without expecting too much, open-minded. I discovered there had been big changes : now there is a great modern shower inside the house, an electric hob so I can cook, and I worked with an interpreter as soon as I began my internship. Therefore, I quickly relaxed myself when I arrived…

D’abord je savais que j’allais trouver de beaux paysages. Puis en discutant avec l’étudiante qui a fait son stage là-bas l’année dernière je me suis préparée à passer par quelques épreuves. À l’époque elle était la première stagiaire qu’Helvetas accueillait à Gulcha, et elle a dû faire face à certaines difficultés (comme par exemple pas de douche dans sa maison d’accueil, pas de possibilité de cuisiner, pas d’interprète pour l’aider dans son travail pendant les 4 premiers mois de son stage…). Je suis donc arrivée ouverte d’esprit, sans avoir de grandes attentes… et j’ai découvert sur place qu’il y avait eu de grands changements : maintenant il y a une très moderne et agréable douche à l’intérieur de la maison, une plaque électrique sur laquelle je peux cuisiner, et j’ai pû travailler avec un interprète dès le début du stage. Du coup je me suis rapidement détendue après mon arrivée…

4/ I know your work is still in process, but so far can you tell me about what you did since you are here, and what is the theme of your master thesis ?
4/ Je sais que ton travail est en cours, mais peux-tu me dire quel est le thème de ta thèse de master et ce que tu as fais ici jusqu’à maintenant ?

In fact about the theme Helvetas wrote down the goal I should achieve : “Analysis of value chains of yak products in Altai and Chon-Alai”. I first did some research and gathered some informations from Bishkek with the NGO Camp Alatoo. Then I met the first yak keepers, and prepare the questionnaire so I could start the first interviews. So far I collected 90 of them : around 50 from yak herders, the rest from other stakeholders like traders, butchers and so on.

Pour le thème c’est Helvetas qui me l’a fourni en accord avec leurs attentes : « Analyse de la filière durable de yack dans l’Alaï et le Chon-Alaï ». J’ai commencé par faire des recherches et collecter des informations depuis Bichkek (capitale du Kirghizstan) avec l’ONG Camp Alatoo. Puis je suis allée à la rencontre des premiers éleveurs de yacks, ce qui m’a aidé à mettre au point mon questionnaire pour les futures interviews. Jusqu’ici j’ai recueilli 90 témoignages : 50 d’éleveurs de yacks et le reste des autres parties prenantes comme les revendeurs, les abattoirs etc.

5/ Can I ask you what is your opinion about the agriculture sector in the area project (Alai and Chon-Alai regions) ?
5/ Avec le recul que tu as maintenant, puis-je te demander ton avis sur le secteur agricole dans la zone du projet (les régions de l’Alaï et du Chon-Alaï) ?

I realised that Kyrgyz agriculture focuses on livestock whereas it could easily diverse on vegetables. Animals are often in bad conditions, the pasture are overgrazed and it compounds the landslide problem. The situation is severe…
If I could do a suggest I would say : decrease quantity and increase quality. In fact they are already producing good quality products, but I feel they are not aware of it so they sell under-price.

J’ai réalisé que l’agriculture kirghize se concentre principalement sur l’élevage alors qu’elle pourrait facilement se diversifier avec plus de maraîchage. Les animaux sont souvent en mauvaise santé, les pâturages sur-exploités ce qui provoque l’érosion des sols et des glissements de terrains. La situation est grave… Si je pouvais faire une suggestion je dirais : diminuez la quantité et augmentez la qualité. En fait ils produisent déjà de la qualité, mais j’ai l’impression qu’ils n’en sont pas suffisament conscients ; par conséquent ils sous-vendent leurs produits.

6/ I see… and what are your plans for the following 4 months and a half that you have left here ?
6/ Je vois… et quels sont tes plans pour le temps de stage qu’il te reste à passer ici ?

I have to keep on interviewing yak keepers, but also traders, veterinars… that is to say as many people as possible along the value chain. I will compare the situation here with the one of other countries, do a cost analysis to see where is it possible to add value to this value chain.

Je dois continuer à interviewer des éleveurs de yacks, mais aussi des revendeurs, des vétérinaires… c’est-à-dire autant de personnes que possible sur l’ensemble de la filière. Je prévois aussi de faire la comparaison entre la situation ici et celle d’autres pays, ainsi qu’une analyse des coûts pour trouver où il est possible d’ajouter de la valeur dans la filière.

7/ Ok…thank you very much for your time. So, what can I wish to you for the future ?
7/ D’accord… merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à toutes ces questions. Que puis-je te souhaiter pour le futur ?

That I’m going to achieve my goals… that all this will be useful for the people here. In fact I don’t give a shit for my studies…(laughs)

Que j’atteigne mes objectifs… que tout ça soit utile pour les personnes qui vivent ici. Au final mes études ne sont pas ma principale préoccupation… ! (rires)

31 mai 2017 : direction les (grandes) montagnes de Sary-Mogol

Départ vers Sary-Mogol. Ce village tout au sud du Kirghizstan est célèbre pour être le point de départ pour l’ascension du pic Lénine. C’est  Je rejoins Tien dans le bus qu’il a pris à Osh. Il a réussi à expliquer au chauffeur avant le départ qu’il faudrait s’arrêter à Gulcha pour me récupérer. Heureusement, parce que le bus est archi bondé, tout le monde remonte ses courses depuis Osh. Des sacs de riz, des colis et nos sacs à dos sont empilés dans l’allée du milieu. Les enfants qui n’ont pas de places sont assis tant bien que mal au milieu. Joyeux bordel ! Malgré tout comme d’habitude pas de tension, on fait avec. Il n’y a qu’un bus par jour alors il faut bien…
Une dizaine de kilomètres avant Sary Tash, à 3000 mètres d’altitude, il commence à neiger. Un brouillard épais nous cache les montagnes. Gros décalage avec le soleil éclatant de ce début d’aprem à Gulcha ! La route n’en finit pas de monter, le bus de ralentir, et on se demande s’il ne va pas falloir descendre pour alléger un peu le tout ! Sary Tash dépassé, le temps s’améliore. Il y a encore de bonne bourrasques, mais plus de neige ni de pluie. Au bout de l’immense vallée, entourée de montagnes dont les sommets disparaissent dans les nuages, de la lumière. Le tout est assez féerique…

Nous arrivons au CBT de Sary-Mogol, géré par Abdilla. L’endroit est chaleureux et accueillant, il y a d’autres touristes qui sont déjà là. Pas trop le temps de sympathiser, notre hôte vient nous chercher. Nous avons réservé chez lui via Abdilla : 500 soms par nuit et par personne avec le petit-déj, 700 soms avec le dîner. Les toilettes et la douche sont dehors mais avec eau chaude, cuvette-de-WC-où-on-peut-s’asseoir, le tout propre. Nous sommes plutôt contents de notre choix : nos hôtes sont très sympas, et comme pour l’instant il n’y a pas d’autres touristes nous avons beaucoup d’espace ! Pour information il est aussi possible de dormir au CBT directement, pour 700 soms la nuit et le petit-déj, et 1000 soms avec le dîner.

Interview with Aidai Kozhalieva

Aidai Kozhalieva, dans les locaux d’Helvetas à Gulcha.

Aidai Kozhalieva is a kirghize woman of 24 years old. She was born in a little town on Issyk-Kul lake and then moved to Bichkek where she began a successful academic career. Since march 2016 she works as a local economic development facilitator in the Swiss NGO, Helvetas Swiss Intercooperation.

 

Aidai Kozhalieva est une femme kirghize de 24 ans. Elle est née dans une petite ville autour du lac Issyk-Kul, puis a déménagé à Bichkek où elle a commencé une carrière universitaire couronnée de succès. Depuis mars 2016 elle travaille en tant que facilitatrice en développement économique local dans une ONG suisse, Helvetas Swiss Intercooperation.

1/ Hello Aidai. Could you shortly introduce yourself ?
1/ Bonjour Aidai. Pourrais-tu te présenter rapidement ?

Hi, my name Aidai Kozhalieva. I was born in Issy-Kul region but now my family lives in Bishkek (the capital of Kyrghyzstan, north part) . As for me at the moment I’m living in Alai region (in the south) because I’m working on rural economy development with the NGO Helvetas Swiss Intercooperation.

Bonjour, je m’appelle Aidai Kozhalieva et je suis née dans la région d’Issyk-Kul. En ce moment ma famille vit à Bichkek (la capitale du Kirghizstan, au nord) et moi dans la région de l’Alai (dans le sud) : je travaille dans le développement de l’économie rurale avec l’ONG Helvetas Swiss Intercooperation.

2/ What is your academic background ?
2/ Quel est ton cursus universitaire ?

I studied for my bachelor at the American University of Central Asia in Bishkek, with a speciality in business administration. Following this I spent 1 year as an exchange student at Maryville College in Tennessee USA. Finally, I did a master’s degree in South Korea at Korea Development Institute, specialising in International Development. In the future, I’m planning to apply for another master in the USA…

Pour mon BTS j’ai étudié à l’Université américaine d’Asie Centrale de Bichkek, avec une spécialité en gestion d’entreprise. Après cela j’ai passé un an à étudier au Maryville College dans le Tennessee aux États-Unis, grâce à un programme d’échange d’étudiants. Enfin, j’ai passé un master en Corée du Sud à l’Institut de Développement Coréen, en me spécialisant dans le développement international. Dans le futur, je prévois de postuler pour un autre master aux États-Unis…

3/ Great plan… and how did you get to work with Helvetas?
3/ Beau projet… et comment en es-tu arrivée à travailler avec Helvetas ?

Well to answer this question, I have to start from the beginning… I grew up in a village, and thanks to my mother I had the chance to learn english with a private teacher. One summer, a team of foreigners volunteers came to my village to animate a summer camp. It was the first time I could really practice my english, it was so wonderful ! I felt a door was opened. When we moved to Bishkek, I passed the test to enter one of the best college in town, and later I went to the USA and South Korea. I always loved to study.

My desire to work in development sphere materialized in summer 2012, when I did my first community service work in my hometown. It was my turn to organise a summer camp for children, with volunteers who came from 6 countries. I knew there was a lack of resources for children in terms of english learning and I wanted to help improving this. 
In South Korea I also gained a lot of positive ideas, and came back to Kyrghystan with the will to share it. I needed to find a field work, to work with concrete people. So, when I saw the vacancy for Helvetas in Alai region, I directly applied. They were very surprised, with my academic background I was supposed to work in big towns. They even asked me if I was really aware that the job was in the countryside ! (laughs) For me it was clear : I wanted to do something to help people in a rural area. I had things to learn, things to share, so I would go there.

Eh bien pour répondre à cette question je dois commencer du début… j’ai grandi dans un village, et grâce à ma mère j’ai eu la chance d’avoir des cours privés d’anglais. Un été, une équipe de volontaires étrangers sont venus dans mon village pour animer un camp d’été. C’était la première fois que je pouvais exercer mon anglais en situation réelle, c’était merveilleux ! J’ai senti qu’une porte s’ouvrait. Quand nous avons déménagé à Bichkek, j’ai réussi le test d’entrée de l’un des meilleurs lycée de la ville, et plus tard je suis allée aux États-Unis et en Corée du Sud. J’ai toujours adoré les études.

Mon désir de travailler dans le développement s’est matérialisé pendant l’été 2012, quand j’ai fait mon premier “service communautaire” dans ma ville d’origine. À mon tour j’ai organisé un camp d’été pour les enfants, avec des volontaires de 6 pays différents. Je savais qu’il y avait des lacunes dans l’enseignement de l’anglais et je voulais aider à améliorer la situation.
En Corée du Sud j’ai aussi accumulé beaucoup d’énergie positive, et je suis revenue avec l’envie de la partager. J’avais besoin de trouver un travail sur le terrain, avec des gens concrets. Du coup quand j’ai vu l’annonce d’Helvetas pour le poste dans la région de l’Alaï j’ai tout de suite postulé. Ils étaient surpris, avec mon cursus universitaire j’étais censée allée travailler dans de grandes villes. Ils m’ont même demandé si j’étais réellement au courant que le boulot était à la campagne (rires) ! Pour moi c’était clair : je voulais agir pour aider les habitants des zones rurales. J’avais des choses à apprendre, des choses à partager, donc j’irais là-bas.

4/ What a story ! And can you do a quick presentation of the team you are working with in Gulcha ?
4/ Quelle histoire ! Et peux-tu nous donner un aperçu rapide de l’équipe avec laquelle tu travailles à Gulcha ?

By now we are seven people in the team -including me- : Kambarbek -the project manager-, Maksatbek -the livestock specialist-, Imanali -the project officer-, Aziret -the driver-, Jael -a suiss intern- and Beksultan, the translator who works with her.We also have an adviser in Bishkek, Damira. She supervises our work from Bichkek and comes to visit us from time to time.
Except Jael, who is the second intern that we welcome, we are all kirghize people. It goes with the idea of the M4P* approach that Helvetas applies : to build sustainable projects so they last after the NGO leave. Therefore all our team support and works with local partners.

Actuellement nous sommes 7 dans l’équipe -moi comprise- : Kambarbek -le chef de projet-, Maksatbek -le spécialiste élevage-, Imanali -chargée de projet-, Aziret -le chauffeur-, Jael -une stagiaire suisse- et Beksultan, l’interprète qui travaille en binôme avec elle. Nous avons aussi une conseillère à Bichkek, Damira. Elle supervise notre travail depuis Bichkek et nous rend visite de temps en temps. Exceptée Jael qui est la seconde stagiaire que nous accueillons, nous sommes tous kirghizes. C’est dans la logique de l’approche M4P* (appliquée par Helvetas) : construire des projets durables qui continuent à exister après que l’ONG se soit retirée. Toute notre équipe soutient et travaille donc avec des partenaires locaux.

5/ So what is your job in there?
5/ Et quelle est ta mission dans tout ça ?

The all project of Helvetas in Gulcha is organised like this : first it’s name is LED, for Local Economic Development. Second it includes 4 components : vegetables crops, arboriculture, tourism and women & youth business. I personally work as a local economic development facilitator, with emphasis on women and youth (from 18 to 30 years old).

L’ensemble du projet d’Helvetas à Gulcha est organisé de la façon suivante : tout d’abord on l’appelle le LED pour Développement Economique Local. Ensuite il comprend 4 domaines : la culture des légumes, l’arboriculture, le tourisme et l’auto-entreprise des femmes et des jeunes. Personnellement je travaille en tant que facilitatrice en développement économique local, et plus particulièrement avec les femmes et les jeunes (de 18 à 30 ans).

6/ Can you tell me a little bit more about promoting women’s and youth’s work ? 
6/ Peux-tu m’en dire un peu plus à propos de ton travail avec les femmes et les jeunes ?

In the frame of the project, an association of business women of Alai was created in 2015 to promote the entrepreneurship among them. Now they are around 30 members. This common platform allows them to share their experience and knowledge. We organise for and with them trainings, seminars, professional exchange trips and they participate in fairs and exhibitions. They also opened a souvenir shop with local handicraft products.

For the “youth” we are working with the Public Union “Youth of Osh” (Osh is the second biggest town of Kirghizstan, 1h30 from Gulcha). We organise youth business competitions and provide funds to the winners so they can start or expand their business.They write a business plan while they are participating on business trainings : the Committee** choose the best projects. In 2016, ten of them had the opportunity to get funds of 1000 dollars each one, which represent a good amount of money here.

Dans le cadre du projet, une association de businesswomen de la région de l’Alaï a été créée en 2015 pour promouvoir l’esprit d’entreprise parmi les femmes. Elle compte maintenant une trentaine de membres. Cette plateforme commune leur permet de faire des échanges d’expérience et de connaissances. Nous organisons pour et avec elles des stages, des séminaires, des voyages d’échange professionnels et elles participent aussi à des foires et des expos. Elles ont également ouvert une boutique de souvenirs avec des produits artisanaux et locaux.

Pour les “jeunes” nous travaillons en collaboration avec la Public Union “les jeunes d’Osh” (Osh est la seconde plus grande ville du Kirghizstan, à 1h30 de Gulcha). Nous organisons des compétitions de jeunes (entrepreneurs) et offrons des prix aux gagnants afin qu’ils puissent débuter ou développer leur entreprise. Ils rédigent leur business plan pendant le stage : le Comité choisit ensuite les meilleurs projets. En 2016, 10 participants ont ainsi eu l’opportunité d’obtenir 1000 dollars chacun, ce qui est une somme non négligeable ici.

7- What are the progress you wish to see in the next months ?
7- Quels sont les progrès que tu espères voir se réaliser dans les prochains mois ?

I would like the Alai-Chon Alai regions to be much more developed and attractive for tourists, and not only around the Lenin Peak (with its 7134m altitude, it’s the main tourist attraction of the region). I wish women to be more interested to engage themselves in economic activities. Finally, I hope to see more youth willing to see opportunities of development in their own region.  

J’aimerais que les régions de l’Alai et du Chon-Alai attirent plus de touristes, et pas seulement autour du pic Lénine (avec ses 7134 m d’altitude, c’est la principale attraction touristique de la zone). Je souhaite que les femmes s’engagent de plus en plus dans des activités économiques. Enfin, j’espère voir plus de jeunes capables de voir les opportunités de développement au sein de leur propre région.

8- In your opinion, what elements can help to push into that direction ? 
8- À ton avis, quels éléments peuvent pousser les choses à aller dans ce sens ?

When you want things to evolve, I think your own presence can have a huge impact. Living and working here I wish I can give hope to the children, because I’m also from a village. And I’m a woman too !
Education is also very important, it can bring big changes. For example before, I was afraid of being kidnapped***. But when I came back to my childhood village after my studies, I was not afraid anymore because I knew my rights. Education empowers you, now I feel strong. Women have rights and opportunities, they just have to be aware of it.

Quand tu veux que les choses évoluent, je pense que ta propre présence peut avoir un très grand impact. En vivant et travaillant ici j’espère que je peux donner de l’espoir aux enfants, parce que moi aussi je viens d’un village. Et je suis une femme aussi !
L’éducation est aussi très importante, cela peut apporter de grands changements. Par exemple avant j’avais peur d’être kidnappée***. Mais quand je suis revenue dans le village de mon enfance après mes études, je n’étais plus effrayée car je connaissais mes droits. L’éducation te rend plus fort(e), maintenant je me sens puissante. Les femmes ont des droits et des opportunités, il faut juste qu’elles en soient conscientes.

* M4P : Making Markets Work For the Poor
** Composed of Helvetas, Youth of Osh and local government.   

*** In Kyrgyzstan, there is an old tradition about arranged marriage that still goes on in some rural regions. Based on the fact that the women would be too shy to choose her future husband and go to him, a kidnapping is organised to bring her to her new house. 
Sometimes it can be like a kind of “game” (based on men’s saying…) where everyone is in fact acting, but it seems that often the women really don’t know neither agree before her kidnapping.

*M4P : Faire Fonctionner les Marchés au Bénéfice des Pauvres
**composés d’Helvetas, des “Jeunes d’Osh” et du gouvernement local

***Au Kirghizstan, il existe une vieille tradition autour des mariages arrangés qui est encore appliquée dans certaines zones rurales. Prenant appui sur le fait que les femmes seraient trop timides pour choisir et se rendre dans la maison de leur futur mari, un kidnapping est organisé pour l’amener dans sa nouvelle maison.
Parfois ça peut être comme une sorte de “jeu” (selon des sources masculines…) où tout le monde fait semblant, mais il semble que souvent les femmes ne sont ni au courant ni d’accord sur ce qu’il se passe.

24 mai 2017 : en route pour Gulcha

Les pâturages sur la route de Gulcha.

En route vers Gulcha ! Je vais retrouver dans cette petite ville Aidai et Jael (prononcer “Aïdaï” et “Yael”) qui travaillent au sein de l’ONG suisse Helvetas. Un heureux coup du hasard m’avait fait les rencontrer il y a 3 semaines à Karakol, dans le nord du Kirghizstan. Après avoir demandé mon chemin à un kirghize qui surprise, maîtrisait plutôt bien quelques mots de français, je trouve une place dans un taxi partagé vers le bazar (200 soms). Le coffre de la voiture est plein à craquer de fruits, légumes et morceaux de viande énormes, le ravitaillement de toute une famille de nomades.
À côté du chauffeur est assis un homme qui a l’air diminué, je crois au début à un handicap. Quand un peu plus loin on s’arrête pour acheter des boissons et qu’il file s’enquiller une vodka au comptoir, je comprend finalement la raison de sa torpeur et de ses trébuchements. Je suis intriguée par l’attitude des autres passagers et surtout du chauffeur, qui dans une certaine mesure semble prendre soin de lui. Quel est le regard de la société kirghize sur les alcooliques ? Ceux que j’ai vu jusqu’à présent ne semblent jamais dénigrés où délaissés. Les gens leur parlent et les saluent normalement, un peu comme si de rien n’était…

Sur la route nous croisons de nombreux troupeaux de vaches, que les bergers à cheval emmènent à pâturer. Dans les plaines des campements nomades ont fleuri un peu partout. Des yourtes, des roulottes, des chevaux, des vêtements étendus à même le sol qui sèchent au soleil… la saison estivale s’approche doucement. Dans la descente vers Gulcha l’asphalte est par endroits recouverte de plusieurs dizaines de centimètres de terre : des glissements de terrain que des hommes s’activent à déblayer. Terre d’élevage, la région est en effet sur-pâturée, ce qui aggrave l’érosion du sol sur ces pentes montagneuses. Aussi, lorsque les fortes pluies de printemps arrivent en même temps que la fonte des glaciers, les inondations et les glissements de terrain se multiplient.

Au bout du trajet je retrouve Aidai, qui m’accueille à bras ouverts avant de m’entraîner dans les bureaux d’Helvetas. Elle me présente à tout le monde, et on discute des éventuelles tâches auxquelles je pourrai participer les prochains jours. Au programme pas mal de visites de fermes 🙂 Elle me fait aussi passer de la documentation sur leurs projets en cours… parfait pour me mettre un peu dans le bain !

22-23 mai 2017 : Osh ou la modernité en marche

 

Pour aller à Osh depuis Arslanbob, deux bus par jour partent de la place centrale, à 6h50 et 12h25. Le voyage coûte 200 soms. Il y a une petite pause prévue à Bazaar Korgon, ce qui permet d’acheter un en-cas et pourquoi pas de prendre une correspondance vers une autre destination que Osh.

Pour ma part j’arrive à Osh après 4 heures de voyage dans une chaleur écrasante. Tien est reparti pour 10 jours à Maïlu-Suu, il continue son reportage photographique. À la descente du bus je regarde autour de moi, et tout d’un coup je me sens un peu bête avec mon foulard sur les cheveux. Je le portais régulièrement à Arslanbob, un peu pour le soleil, un peu par respect pour la tradition de ce village où toutes les femmes se couvrent la tête. Chacune son style, les couleurs et les motifs sont variés de même que les façons de nouer le bout de tissu, et si quelques mèches de cheveux ça n’est pas grave. J’ai perçu là plus une habitude vestimentaire qu’une interprétation stricte de la religion musulmane, majoritaire au Kirghizstan. Pour en revenir à Osh,le code vestimentaire y est beaucoup plus souple : jupes au-dessus du genou, cheveux longs assumés et bouclés, parfois teintés, chaussures à talons… le décalage culturel avec Arslanbob qui est pourtant à moins de 200 kilomètres de là est énorme.

Le début de mon séjour est principalement occupé par la recherche d’un ordinateur portable. L’expérience consistant à me débrouiller avec mon seul téléphone pour communiquer, prendre des photos et faire du traitement de texte touche à sa fin. C’est surtout le traitement de texte qui pose problème, même si de très bonnes applications existent.
Je passe rapidement au bazaar, mais il ne vendent que des téléphones portables. Un seul magasin semble vendre des ordinateurs à Osh : le “computer market” au 335 de la rue Lénine. Manque de chance ils n’ont que deux modèles dans le format qui m’intéresse (petit !). L’un est trop lourd, et l’autre n’est pas assez performant. Je contacte Jibek (notre hôte favorite à Bichkek), pour savoir si elle peut m’indiquer des magasins en ligne. Elle m’en donne deux que je vous fait passer si besoin : svetofor, technodom. J’ai personnellement utilisé le dernier mais avec l’aide d’une locale car tout était en russe ! De même que le sera tout le système d’exploitation quand je recevrai l’ordinateur tant attendu, mais ça c’est une autre histoire…

La veille de mon départ le temps se gâte. Je file quand même au Suleiman Too que je me suis promis d’aller voir avant de partir d’Osh. C’est une grande colline qui se dresse au milieu de la ville, des escaliers ont été construits pour en faciliter l’ascension. Cette dernière nécessite environ une heure en prenant son temps. Le prix du billet d’entrée est très modeste : 20 soms soit moins de 50 centimes d’euro. Au sommet on a une vue à presque 360° de la ville d’où très peu de buildings ressortent, de petits bâtiments s’étendent jusqu’au pied des montagnes au loin. Une jolie petite promenade bien utile pour avoir une vue d’ensemble d’Osh…

19-21 mai : Arslanbob ou la plus grande forêt de noyers du mooonde

Départ vers 8h avec Yorem et Karine (le couple de néerlandais rencontrés la veille), nous et nos sacs sautons dans le 4×4 qu’ils ont loué. La route longe un long moment la retenue d’eau de Toktogul, la vue est superbe. L’avantage d’être en voiture “privée”, c’est qu’on peut s’arrêter quand on veut prendre des photos !


Presque 300 kilomètres plus tard, ils nous déposent à Bazaar Korgon et continuent vers le sud, ils veulent faire la route du Pamir. Pour nous c’est le croisement à partir duquel nous allons remonter vers Arslanbob, un village connu pour abriter une des plus grandes forêts de noyers du monde. Le mieux est de se rendre au bazar d’où partent tous les minibus, mais après avoir attendu un peu et nous être pris quelques vents, nous réussissons quand même à en attraper un au passage. Il n’y a que 50 kms entre Bazar Korgon et Arslanbob, mais la route est plutôt mauvaise et il faut presque 1h30 pour arriver à destination. On s’élève doucement, le paysage est vert… ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu autant d’arbres et c’est en les voyant défiler sous nos yeux que nous réalisons qu’ils nous ont manqué !

Un petit peu au-dessus de la place où nous dépose le minibus, nous trouvons le bureau du CBT* (Community Based Tourism). L’homme qui nous accueille parle bien anglais, et nous propose de choisir l’un des logements chez l’habitant disponibles. Nous ne savons pas lequel choisir, il y en a près de 20… Tien lui demande de nous envoyer chez ceux qui ont les plus petits moyens. Il nous propose alors une maison qui ne figure pas sur la liste car elle ne fait pas encore officiellement parti du réseau. Il s’agit d’Elia, une veuve qui a récemment perdu son unique fils. Il nous explique qu’il travaillait dans les frigos à Moscou, et qu’il est décédé de suite de maladies dues au froid… Elle a aussi deux filles dont une ne vit pas très loin de chez elle. Apparemment il est assez courant que des hommes kirghizes partent travailler quelques années à Moscou où les salaires sont meilleurs, avant de revenir s’installer chez eux.

Lorsque nous arrivons chez Elia, c’est une chouette rencontre. Elle sourie énormément, nous installe dans une petite chambre un peu à l’écart de la grande maison principale. Nous sommes ses premiers hôtes, et nous avons plus l’impression d’être des invités que des clients. Le soir elle nous prépare un délicieux repas au feu de bois, gargantuesque ! Tout le temps de notre séjour nous aurons petit-déjeuner et dîner compris, toujours aussi bon et copieux… Mention spéciale pour l’ayran maison (yaourt au lait de vache), frais et délicieux… Nous payons si peu pour tout cela**, et pourtant nous avons la sensation de nager dans le luxe. Ce qui est relatif bien sûr, le confort sanitaire est par exemple rudimentaire, mais il faut avouer que nous n’avons quand même pas l’habitude d’avoir nos repas préparés, ni une chambre à l’écart pour nous tous seuls.

Un matin Alissa est là dans le jardin. C’est la nièce d’Elia, elle a 16 ans et une envie manifeste de tester son anglais avec moi. Nous discutons, elle a pleins de questions à me poser : quels sont mes hobbies, mes chanteurs et acteurs préférés, quelles langues je parle… Je lui retourne ses questions. Elle ne parle rien de moins que 4 langues: : kirghize, ouzbek, russe et anglais. Et quelques mots de coréens, tirés des films romantiques qu’elle aime regarder ! 🙂

 

* L’objectif de l’association, créée en 2000, est d’améliorer les conditions de vie dans les régions montagneuses éloignées en développant un modèle d’écotourisme durable et sain.

** Prix par personne et par nuit (+PDJ et dîner) : 500 soms soit entre 6 et 7 euros. Normalement les prix sont un peu plus élevés lorsque les hôtes font officiellement partie du réseau CBT.

16-18 mai 2017 : le lac Toktogul

Ce matin je pars rejoindre Tien à Toktogul, 270 kms au sud de Bichkek. Le départ se fait depuis la station de bus Zapadny. Sur l’avenue Chuy, il faut prendre le bus 7 ou le marshrutka (minibus) 111 (informations à vérifier avec l’application bus.kg, il arrive probablement que les lignes changent). Le trajet prend à peine un quart d’heure. Pour aller à Toktogul, les départs se font un peu en amont de la grande station, presque en face du parc et de la station essence. En taxi partagé le chauffeur m’annonce un prix de 500 soms (environ 6-7 euros), ce qui est raisonnable par rapport aux renseignements que j’avais pris avant de partir. La route est plutôt bonne, nous passons deux cols et un grand tunnel. En ayant fait plusieurs petites pauses, le trajet dure un peu moins de 5 heures.

Sur place nous n’avons aucun mal à trouver une petite maisons d’hôtes, il y a de la place en ce début de saison. Surprise, dans les 2 où nous irons sur les 3 jours, nous rencontrons des hôtes parlant parfaitement français ! Et pour cause : l’une a été la professeur de français de l’autre. Une autre professeure de français rencontrée par hasard au détour d’un petit magasin nous explique qu’ici pas mal de kirghizes étudient le français. Apparemment nos sons “nasaux” rendent notre langue plus facile à apprendre pour eux que l’anglais. À quand le kirghize dans les écoles françaises ?? Continue reading “16-18 mai 2017 : le lac Toktogul”

15 mai 2017 : mal d’altitude

Nous sommes retournés à Naryn, après 3 nuits en yourte près du caravansérail de Tash-Rabat. Il y a de belles randonnées à faire là-bas, particulièrement celle qui part du camp de yourtes et arrive en surplomb du lac Chatyr-Kol. Sans guide, il vaut mieux se renseigner précisément sur le parcours avant de partir, car il n’y a pas de marquage. Le CBT de Naryn nous avait donné une carte accessible en ligne mais relativement imprécise… le blog “Lumières du monde” a un article assez complet sur cette randonnée.

 

 

C’est donc le moment des au revoir avec la joyeuse équipe de français. Je file ensuite à la gare routière de Naryn, où j’ai la chance de trouver un taxi partagé pour Bichkek rapidement (ce qui veut dire départ dans la demi-heure). À Kochkor, au tiers du trajet environ, le chauffeur me trouve un autre taxi allant à Bichkek, sans surcoût pour moi. Continue reading “15 mai 2017 : mal d’altitude”

12 mai 2017 : Tash-Rabat et Chatyr-Kol lake

Traîner dans les locaux du CBT a ses avantages. C’est comme ça que je rencontre Audrey et Agathe (qui voyagent avec un Trafic aménagé par les soins d’Audrey), et Gilles et Louise (qui ont opté pour une Peugeot 206). Tous sont partis depuis la France et roulent depuis. Damien, le copain de Louise, les a rejoint pour une semaine. Les deux binômes se sont rencontrés sur la route, et font un bout de chemin  ensemble. Ils ont prévu d’aller voir le caravansérail de Tash-Rabat et le lac Chatyr-Kol à la frontière chinoise… et ils m’emmènent avec eux !! 🙂 Ce qui est vraiment sympa de leur part, car je n’aurais pas eu les moyens d’y aller avec un taxi… (voir article du 10 mai 2017)

Entre Naryn et Tash-Rabat il faut compter entre 2h et 2h30 de route, dont environ une demi-heure de piste (15 kilomètres). Nous on file directement jusqu’au poste pré-frontière (soit environ 3h de route). Enfin directement… on s’arrête plusieurs fois pour prendre des photos, et on se fait arrêter une fois par un policier. Au Kirghizstan il est obligatoire de rouler avec les feux de croisement, tout le temps. Sinon c’est l’amende… Apparemment les policiers sont particulièrement présents sur les routes. En quelques jours, les français se sont déjà fait arrêté de nombreuses fois ! Il n’est pas toujours de comprendre les règles de conduite dans un pays étranger…

Après plusieurs kilomètres au milieu d’une grande étendue déserte, nous apercevons le lac Chatyr-Kol, encore couvert de neige. Continue reading “12 mai 2017 : Tash-Rabat et Chatyr-Kol lake”