Interview with a GBT singaporian volunteer

Marcus.

MARCUS, 35 ans, de Singapour.
Marcus ou l’homme double. Citadin et passionné de nature. Maîtrise du mandarin et de l’anglais. Plutôt réservé mais capable de nous raconter l’histoire de Singapour pendant toute une soirée. Bref, un gars intéressant.

MARCUS, 35 years old, from Singapour.
Marcus or the double faced man. Urban and passionated by nature. Mandarin and english spoken. Kind of private but with the capacity of telling us about Singapour’s history during an entire evening. In short, an interesting guy. 

1/ Pourquoi as-tu choisi de faire du volontariat ?
Je veux faire quelque chose pour l’environnement, c’est ma passion. Vivant en ville au quotidien, participer à des projets de volontariat m’amène dans des endroits plus « nature » – même s’il y encore des coins de verdure et de nature dans Singapour (et la plupart des gens l’ignorent!)-.

1/ Why did you choose to volunteer ?
To do something for the environment which is my passion. As a city person, to volunteer brings you to wilder places – even if there is still green areas and wild life in Singapor (and most people don’t know that !) –

2/ Pour quelles raisons conseillerais-tu à d’autres personnes de faire du volontariat ?
C’est un bon moyen de visiter des endroits gratuitement ! (rires) Sérieusement je pense que chacun(e) doit trouver ses propres raisons… même si beaucoup de personnes commencent parce qu’elles veulent se rendre utiles pour une cause en laquelle elles croient.

2/ Why would you recomend other people to volunteer ?
It’s a free way to see many places and things ! (laughs) Seriously I think everybody has to find his own reasons… even if a lot of persons begin to volunteer because they want to be helpful for some cause they believe in.

3/ Pourquoi as-tu fais spécialement le choix du Great Baikal Trail ?
D’abord j’ai toujours été intéressé par le volontariat dans le domaine de l’environnement. Ensuite dans mes temps libres j’aime randonner et les activités plein air en général : le GBT est le mariage parfait de ces deux aspects ! C’était aussi plutôt proche et bon marché pour moi de rejoindre le Baikal depuis Singapour.

3/ Why did you especially choose the Great Baikal Trail ?
First I’ve always been interested in volunteering for environment. Second I personally like hikking and outdoors activities in general : the GBT is the perfect marriage of those two aspects ! It was also quite near and cheap for me to reach the Baikal from Singapor.

4/ Écologiquement parlant, qu’est-ce qui a de l’importance pour toi ? De quoi as-tu besoin pour te sentir à l’aise dans ton environnement ?
À propos de l’environnement il me semble que le plus important est que chaque citadin(e) réalise qu’il est possible de vivre avec le même confort tout en utilisant moins de ressources. Il n’est pas forcément nécessaire de revoir à la baisse son train de vie pour respecter l’environnement !

4/ Ecologically speaking, what is valuable for you ? What do you need to feel comfortable with your environment ?
Concerning environment I feel that the most important is that everybody in cities can realise that you can live with the same comfort while using less ressources. You don’t have to low your life standards to respect the environment !

5/ Comment te sentais-tu à l’idée de venir en Sibérie ? Qu’imaginais-tu de cette région ?
J’étais déjà venu il y a deux ans du coup je savais plus ou moins à quoi m’attendre. Cependant le ressenti est différent cette fois : il y a beaucoup plus de touristes chinois maintenant ! Par exemple maintenant en marchant dans la rue tu peux voir des panneaux publicitaires où il est écrit « plats chinois disponibles ici », ou même des inscriptions traduites en chinois pour les touristes dans les ferries… enfin et surtout, les températures devraient être plus élevées ! La dernière fois il ne faisait pas si froid alors que j’étais venu plus tard dans la saison ! (rires).

5/ How did you feel coming to Siberia ? What were your expectations about this region ?
I had been to this region 2 years ago already so I kind of knew how it would be. However the feeling was different : there are much more chineese tourists now ! For example now walking in the streets you can see advertising signs where it’s written “chineese food available here”, or even inscriptions for tourists in ferries that are translated in chineese… Last but not least, the weather should be warmer ! Last time even though I came later in the season it was not so cold (laughs).

6/ Quels conseils donnerais-tu aux personnes de ta région natale qui prévoient faire du volontariat avec le GBT ?
Je pense qu’ils devraient vraiment se préparer au froid, et s’attendre à un travail plutôt intense. Autrement je pense que mes amis de randonnée s’en sortiraient très bien ici !

6/ What would you recomend to the people of your homeregion who plan to volunteer with the GBT ?
I think they should very be prepared for the cold, and expect some hard work. Otherwise I think that my trekking friends would be doing great here !

7/ Enfin et surtout, la question bonus ! Y a-t-il des choses qui t’ont surpris ici pendant le projet ?
Oui, je dois avouer que je suis surpris que les locaux puissent participer à plusieurs projets par an, ou à un chaque année : ça prend du temps, ne doivent-ils pas travailler pour gagner de l’argent ? (rires) Ou peut-être qu’ils ont peu de dépenses ? Dans tous les cas c’est assez éloigné de la vie que je connais à Singapour.
J’ai aussi été positivement surpris de découvrir que le GBT existait depuis bientôt 15 ans. Ils sont très actifs et ont encore des financeurs qui les supportent. Pour moi ça en dit long sur la qualité de leur travail, car beaucoup d’organisation à but non lucratif doivent suspendre leurs activités au bout de quelques années.

7/ Last but not least, secret question ! Is there anyhing that surprised you here during this project ?
Yes, I must admit that I’m surprised that local people can participate in several projects in the year, or in one each year : it takes so much time, don’t they have to work to get money ? (laughs) Or maybe they have low life expenses ? Anyway it’s quite far from the life I know in Singapor.
Also, I was positively surprised to discover that the GBT is existing for 15 years soon. They are very active and still have funders to support them. As lot of non-profit organisations have to stop their activities after few years, for me it speaks a lot about the quality of the GBT’s job.

Interview with a GBT siberian volunteer

Nastia.

NASTIA, 19 ans, de Sibérie.
La plus jeune de notre groupe de volontaires, elle a pourtant activement participé au bon déroulement du projet. Une personne décidée au tempérament vif, passionnée par la nature.

NASTIA, 19 years old, from Siberia.
The youngest of our volunteers group, she still actively participated to the smooth functioning of the project. A determined person with an impulsive temperament, passionated by nature.

1/ Quand et pourquoi as-tu commencé à faire du volontariat ?
J’ai commencé à Irkutsk lors d’un festival international dédié aux enfants handicapés. J’ai aidé pour l’organisation, la communication, les décorations… Plus tard j’ai essayé de participer à d’autres manifestations socialement orientées en tant que volontaire, mais j’ai rapidement commencé à me sentir attirée par des projets reliés à la nature. C’est là que j’ai trouvé une façon d’occuper mon temps en m’amusant tout en aidant les gens et la nature !

1/ When and why did you start to volunteer ?
I started in an international festival in Irkutsk dedicated to disabled children. I helped with the organisation, the communication, decorations… later I tried to volunteer in other social happenings but soon I began to feel attracted to projects related with nature. There I found a way to spend my time having fun while helping people and nature at the same time !

2/ Pour quelles raisons recommanderais-tu à d’autres personnes de devenir volontaires ?
Selon moi chaque personne choisit son chemin… mais quand je discute avec mes amis je leur parle de l’occasion de faire quelque chose d’utile, de s’investir et de se sentir « plus qu’un légume »… et de faire quelque chose de fun aussi au final !

2/ Why would you recomend to other people to volunteer ?
In my opinion every person choose his way… but when I speak to my friends about volunteering I tell them about doing something useful, something that can make you feel like more than “just a vegetable”… and which is fun also in the end !

3/ Pourquoi avoir choisi le Great Baikal Trail ?
Deux amies proches de ma mère sont les filles du couple qui a fondé le GBT. Elles m’ont longtemps dit que je devrais aller voir cette organisation, que ça me plairait. Un jour j’ai tout simplement toqué à la porte… et découvert qu’elles avaient raison !

3/ Why did you choose the Great Baikal Trail ?
Two good friends of my mum are the daughters of the couple who founded the GBT. They have been telling me for a long time that I should go to this organisation, that I would like it. One day I just knocked on the door… and discovered that they were right !

4/ D’un point de vue écologique, qu’est-ce qui est important pour toi ? De quoi as-tu besoin pour te sentir à l’aise dans ton environnement ?
Je me sens toujours très en colère quand je vois les gens qui laissent leurs déchets n’importe où. Ça arrive souvent ici, même quand il y a  des poubelles prévues exprès. Pour moi il est important que les gens réalisent qu’eux aussi sont responsables de l’endroit où ils vivent.

4/ Related to ecology sphere, what is valuable for you ? What do you need to feel comfortable with your environment ?
I’m always really upset when I see that people leave their garbage anywhere. It happens often here, even when there is trash around. It’s important for me that people realise that they are also responsible for the place where they live.

5/ Tu es née en Sibérie : que dirais-tu à celles et ceux qui ne sont encore jamais venus dans cette région ?
Je leur dirais qu’en fait ça n’est pas si effrayant ici, par rapport à la météo par exemple. Ou peut-être que je m’y suis juste habituée… (rires) Sérieusement c’est une région merveilleuse, tellement étendue qu’il y a encore beaucoup d’endroits où je ne suis jamais allée. La Sibérie a son propre caractère, son âme à elle. Pour moi c’est un endroit spécial, avec toute une palette de nuances. Même les habitants de Sibérie ne s’y habituent pas : il reste toujours des trésors cachés à découvrir.

5/ You were born in Siberia : what would you say to people which never came to this region yet ?
I would say that actually it’s not so scarying here, about the weather for example. Or maybe I just got used to it… (laughs) Seriously it’s a wonderful region, so wide that I haven’t been to many places yet. Siberia has its own character, its own soul. I believe that this is a special place with many shades. Even siberian people can not get used to it : there is always something beautiful to discover.

6/ Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui prévoient de faire du volontariat avec le GBT ?
Pour diminuer le niveau de stress peut-être devraient-ils avoir quelques bases à propos de la vie en camping, dans une tente, savoir faire du feu… S’ils ne savent pas il y aura bien sûr des personnes expérimentées qui pourront les aider et leur apprendre. Il faut aussi être conscient du fait que les projets durent entre 10 et 14 jours : ce temps plutôt long peut jouer sur l’humeur, l’état émotionnel. Et enfin ils seront au bord du Baikal mais en Sibérie donc il faut prendre son maillot de bain mais aussi des affaires chaudes et imperméables !

6/ What would you recomend to the people who plan to come to volunteer with the GBT ?
Well, to decrease the level of stress maybe you should know some basic things about camping, living in a tent, making fire… If you don’t know of course there will be experienced people who will help you and teach you. Also be aware that the projects last 10 or 14 days : it’s quite long and could be hard for your mood, your psychic balance. At last of course you are next to the Baikal but in Siberia so take your swimming suit but also warm clothes and raining coat !

7/ Enfin et surtout, la question bonus! Tu es la plus jeune de l’équipe mais tu as néanmoins le statut “d’assistante du responsable de groupe” : comment gères-tu cette situation ?
Tout d’abord, la réalité sur le terrain correspond aux attentes que j’avais. J’ai vu ici l’opportunité de m’épanouir,  et maintenant que la fin du projet approche je sens que mon but est en grande partie atteint. Bien sûr je me suis parfois sentie un peu déconcertée d’être la plus jeune mais j’ai apprécié l’expérience malgré tout, et Roma (le responsable de groupe) m’a aidé quand j’en avais besoin. Finalement je me rends compte qu’assistante est un rôle que je suis capable d’assumer. Je me suis sentie à ma place.

7/ Last but not least, secret question ! You are the youngest of the team, nevertheless you have the responsabilitie of being the crewleader assistant : how do you handle with this situation ?
First, the reality in the field matched with the expectations I had. I saw an opportunity here to raise myself and now that the project is close to the end I feel that I almost achieved this goal. Of course I sometimes felt a little bit confused because of being the youngest but anyway I enjoyed it, and Roma (the crewleader of the project) helped me when I needed. I realised that being crewleader assistant is a role that I can handle. I felt in the proper place.

Le Great Baikal Trail (GBT)

Trail building in Baikalsky reserve (photography from the Great Baikal Trail).

Entre le 27 août et le 5 septembre a eu lieu l’un des projets d’été du Great Baikal Trail (GBT). Cette association qui fêtera ses 15 ans en 2018 a pour mission le développement de l’écotourisme et d’une société socialement responsable au travers de projets de volontariat qu’elle organise. Concrètement c’est de cette façon que tous les chemins de randonnées actuellement praticables autour du lac Baikal ont été construits. En plus de leurs projets d’été et d’hiver, ils participent à de nombreux meetings pour promouvoir le respect de la nature en Sibérie. En cette fin d’été 2017 il ne s’agissait pour une fois pas de construire des chemins mais de rénover l’accès à une source d’eau potable, sur l’île d’Olkhon.

Cette île est l’un des passages hautement recommandé par les guides touristiques lorsque vous vous rendez de ce côté du lac, c’est-à-dire sur les rives sud-ouest. Si vous la rejoignez via les transports en commun depuis Irkutsk, vous arriverez en général à Khugir, la plus grande ville de l’île où se trouvent la plupart des guest houses. N’ayant eu qu’un rapide aperçu du lieu, je ne saurais vous en donner un avis. Cependant si vous en avez l’envie et l’occasion, je vous recommande vraiment de partir randonner en autonomie pour quelques jours plutôt que de rester en ville. Les endroits déserts ne manquent pas, pour sûr en cherchant un peu vous vous trouverez facilement un petit coin de paradis. Prévoyez par contre de quoi pouvoir retrouver votre chemin (GPS, téléphone…le GBT n’a pas encore balisé l’endroit), et des affaires chaudes ! Excepté en plein été les nuits peuvent être froides.

Pour ma part je m’y suis rendue en tant que volontaire dans le cadre de l’un des projets d’été du GBT, je n’ai donc pas eu grand chose à prendre en charge au point de vue logistique. Dans l’équipe nous étions 9, dont un tiers d’étrangers (singapourien, allemand et française), tous les autres volontaires étaient russes. Les activités étaient coordonnées par un responsable de groupe, une assistante-responsable et une interprète. Avant de commencer à travailler nous avons d’abord assisté à une cérémonie dirigée par un chaman. Le lieu est en effet considéré comme le centre sacré du monde des chamans du nord, et le respect des coutumes locales veut que la permission soit demandées aux esprits de l’île avant tout travail important sur celle-ci.

Après la cérémonie, le travail de déblayage a donc pu commencer pour de bon. La source avait été laissée à l’abandon depuis longtemps, seulement fréquentée par les animaux de l’île (principalement des chevaux et des vaches), ce qui rendait l’eau impropre à la consommation humaine. L’idée était de construire un bassin inaccessible aux animaux au niveau de la source afin qu’ils s’approvisionnent à peine plus loin dans la petite rivière. Ainsi, tout le monde aurait à nouveau accès à l’eau.
Armés de pelles, de pioches et de gants nous avons déplacé les pierres, enlevé la boue, pataugé dans l’eau, creusé, tassé, dégagé, déblayé… pour finalement replacer la plupart de la rocaille autour du nouveau bassin, mais de façon organisée cette fois ! Et au bout de quelques jours de travail en équipe le résultat était là (voir les photos à la fin de l’article).

Lorsque nous n’étions pas avec nos pelles et nos pioches autour de la source, nous avons passé pas mal de temps à organiser la vie du camp : cuisine (exclusivement) au feu de bois gérée à tour de rôle, construction de tables et de chaises en bois, organisation de la gestion des déchets… il y a eu aussi des moments de jeux (beaucoup) et de temps libre pendant lesquels j’ai pu recueillir quelques paroles de volontaires à suivre.