Le Naadam festival en Mongolie

Avant chaque combat, les lutteurs font la danse de l’aigle autour du drapeau mongol.

Notre voyage en Mongolie a débuté le 10 juillet, juste avant la fermeture des frontières* pour le grand festival du Naadam du 11 au 13 juillet. Depuis 2010, celui-ci est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Chaque année des fêtes sont donc organisées dans tout le pays, la plus grande d’entre elles ayant lieu dans la capitale Oulan-Bator (ou Ulanbaatar*). Une retransmission en direct est diffusée à la télévision. Nous avons pour notre part assisté aux jeux d’Ulgii (ou Ölgii), la plus grande ville de l’ouest de Mongolie. C’était malgré tout un festival de province, plus souple dans son organisation, plus convivial, moins touristique aussi. Personnellement j’ai bien apprécié ce côté moins officiel.

〈Petite parenthèse, il faut savoir que les villes en Mongolie sont toujours orthographiés d’au moins 2 façons (en alphabet latin). Et qu’en plus de ça certaines ont changé de nom ces dernières années, sans que le passage de l’ancien au nouveau soit bien officiel. Sur place ça peut parfois porter à confusion… par exemple quand on veut acheter un billet de bus. N’hésitez pas à bien vous faire confirmer votre point de chute, quitte à le montrer sur une carte !〉

Je reviens au Naadam. Des sportifs sont mis à l’épreuve dans les 3 disciplines traditionnelles que sont la course à cheval, le tir à l’arc et la lutte mongole. Théoriquement peut participer qui veut aux compétitions, les disciplines étant fortement rattachées au mode de vie traditionnel des mongols. Les courses à cheval et le tir à l’arc sont désormais aux jeunes filles et aux femmes mais la lutte reste réservée aux hommes. Cette exclusivité expliquerait d’ailleurs la forme de leur costume de lutteurs : le boléro largement ouvert sur la poitrine serait dû au fait qu‘une jeune femme ait un jour terrassé tous les lutteurs hommes, dissimulant sa poitrine sous des tissus très serrés. Avec cet habit, il est désormais impossible de cacher son genre… Bon par contre l’explication sur l’échancrure prononcée de leurs slips de combat reste trouver ! Il n’y a pas de catégorie de poids, ce qui peut rendre les premiers rounds assez étonnant à voir pour un œil non averti ! Lors du combat, celui qui parvient à faire toucher le sol à son adversaire avec une autre partie que les pieds ou les mains est déclaré vainqueur. Pour atteindre ce but il n’y a en revanche aucune limite de temps imposée, ce qui peut rendre les combats un peu longuets pour certains spectateurs. En revanche si vous sentez la passion de la lutte mongole poindre en vous ne vous retenez pas, cet article du Ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme de Mongolie vous en expliquera tous les détails ! Et dans tous les cas vous pouvez aussi regarder les photos ci-dessous 🙂

 

* même si le festival ne dure que 2 ou 3 jours, la semaine entière est banalisée pour les passages de frontières. Attention aux dates lors de vos demandes de visa pour la Chine ou la Russie !

** signifie “le héros rouge” en référence à la période soviétique.

 

Au stade d’Ulgii, la lutte mongole et les attractions en tout genre.

 

 

À une vingtaine de minutes d’Ulgii dans les montagnes, la courses de chevaux.