Interview with Jael Anja Furer

Interview en plein air de deux éleveurs de yack par Jael dans les montagnes de l’Alaï.

 

Jael Anja Furer, 23 years old, is coming from Switzerland. As part of her studies in agronomy, she’s currently doing an internship with the NGO Helvetas Swiss Intercooperation, focusing on the value chain of yaks.

Jael Anja Furer, 23 ans, vient de Suisse. Dans le cadre de ses études en agronomie, elle fait actuellement un stage au sein de l’ONG Helvetas Swiss Intercooperation sur le thème de la filière yack durable. 

1/ Hello Jael, can you explain what is your academic background ?
1/ Bonjour Jael, peux-tu me parler de ton cursus universitaire ?

Hello ! I started an apprenticeship in agriculture when I was 15, it lasted for 3 years (in Switzerland around 50% of the students professionalize themselves while still teenagers. At 15 they begin an apprenticeship of 3 or 4 years, depending on the sector they choose. After this they can either study one year to go to university if they have good results, or directly start to work). During this period I lived on 3 different farms. The first 2 years we were alternating 10 days of work with 2 days at school, and the last year we had 4 months at school and had to work at the farm during weekends. After this, I studied one year in preparatory natural sciences class with the idea to enter university after. But before starting “hard stuff” I left to New Zealand : I worked during 7 months on a mixed sheep and crop farm.
Then I came back and started university in agronomy, specialising on international agriculture. I had to work at the same time as floor layer to finance my studies. I’m currently in the third year… (the university course last 3 years and 6 months)

Bonjour ! À 15 ans j’ai commencé un apprentissage en agriculture qui a duré 3 ans (en Suisse environ 50% des étudiants se professionnalisent alors qu’ils sont encore adolescents. À 15 ans ils commencent un apprentissage pour 3 ou 4 ans selon le secteur choisi. Ils peuvent ensuite choisir entre une année de prépa université s’ils ont de bons résultats ou commencer directement à travailler). Durant cette période j’ai travaillé dans 3 fermes différentes. Les 2 premières années nous alternions 10 jours de travail avec 2 jours d’école, et la dernière année nous avons eu 4 mois pleins à l’école avec travail à la ferme pendant les weekend.
Après ça j’ai fait un an de classe prépa sciences naturelles avec l’idée de poursuivre mes études à l’université. Mais avant de « rentrer dans le dur » je suis partie en voyage en Nouvelle-Zélande : j’ai travaillé pendant 7 mois pour un éleveur de moutons là-bas.
Puis je suis revenue en Suisse et suis entrée à l’université d’agronomie, avec une spéciallisation en agriculture internationale. J’ai dû travailler à côté de mes études pour les financer, en posant du parquet les week-ends. Je suis actuellement en troisième année… (le cursus universitaire d’agronomie dure 3 ans et demi)

2/ … So you are almost done ! How did you get the opportunity to do your internship first with Helvetas, second in Kirghizstan ?
2/ … donc tu as bientôt fini ! Comment as-tu eu l’opportunité de faire ton stage d’une part avec Helvetas, et d’autre part au Kirghizstan ?

The university received various internship offers, and then teachers suggested to the students where they could go according to what they know from them. There were 22 offers for 18 students,
so we were not running out of choice. I immediately wanted to go to Kyrgyzstan even if I probably wouldn’t have gone as a tourist. The project with the yak herders looked very interesting to meand I wanted to know more about it.

L’université a reçu plusieurs offres de stage, à partir desquelles nos enseignants nous ont fait des propositions en concordance avec nos profils à chacun. Il y avait 22 offres disponibles pour 18 étudiants donc nous n’avons pas manqué de choix. J’ai tout de suite été attirée par le Kirghizstan même si je n’y serais probablement pas allée en tant que touriste. Le projet (du stage) avec les éleveurs de yacks m’a paru très intéressant et j’ai voulu en savoir plus.

3/ Ok. And what was your idea of this country before discovering it “for real” ?
3/ D’accord… et quelle idée te faisais-tu de ce pays avant de le découvrir « en vrai » ?

First I knew about the nice nature. Speaking with the student who did her internship here last year, I was expecting 6 challenging months. She was the first student ever to come, and had to go through some difficulties (like no shower in the house where she was living -and where I’m living now-, no possibility to cook for herself, no interpreter to help her in her job during the 4 first months of the internship…) So I arrived without expecting too much, open-minded. I discovered there had been big changes : now there is a great modern shower inside the house, an electric hob so I can cook, and I worked with an interpreter as soon as I began my internship. Therefore, I quickly relaxed myself when I arrived…

D’abord je savais que j’allais trouver de beaux paysages. Puis en discutant avec l’étudiante qui a fait son stage là-bas l’année dernière je me suis préparée à passer par quelques épreuves. À l’époque elle était la première stagiaire qu’Helvetas accueillait à Gulcha, et elle a dû faire face à certaines difficultés (comme par exemple pas de douche dans sa maison d’accueil, pas de possibilité de cuisiner, pas d’interprète pour l’aider dans son travail pendant les 4 premiers mois de son stage…). Je suis donc arrivée ouverte d’esprit, sans avoir de grandes attentes… et j’ai découvert sur place qu’il y avait eu de grands changements : maintenant il y a une très moderne et agréable douche à l’intérieur de la maison, une plaque électrique sur laquelle je peux cuisiner, et j’ai pû travailler avec un interprète dès le début du stage. Du coup je me suis rapidement détendue après mon arrivée…

4/ I know your work is still in process, but so far can you tell me about what you did since you are here, and what is the theme of your master thesis ?
4/ Je sais que ton travail est en cours, mais peux-tu me dire quel est le thème de ta thèse de master et ce que tu as fais ici jusqu’à maintenant ?

In fact about the theme Helvetas wrote down the goal I should achieve : “Analysis of value chains of yak products in Altai and Chon-Alai”. I first did some research and gathered some informations from Bishkek with the NGO Camp Alatoo. Then I met the first yak keepers, and prepare the questionnaire so I could start the first interviews. So far I collected 90 of them : around 50 from yak herders, the rest from other stakeholders like traders, butchers and so on.

Pour le thème c’est Helvetas qui me l’a fourni en accord avec leurs attentes : « Analyse de la filière durable de yack dans l’Alaï et le Chon-Alaï ». J’ai commencé par faire des recherches et collecter des informations depuis Bichkek (capitale du Kirghizstan) avec l’ONG Camp Alatoo. Puis je suis allée à la rencontre des premiers éleveurs de yacks, ce qui m’a aidé à mettre au point mon questionnaire pour les futures interviews. Jusqu’ici j’ai recueilli 90 témoignages : 50 d’éleveurs de yacks et le reste des autres parties prenantes comme les revendeurs, les abattoirs etc.

5/ Can I ask you what is your opinion about the agriculture sector in the area project (Alai and Chon-Alai regions) ?
5/ Avec le recul que tu as maintenant, puis-je te demander ton avis sur le secteur agricole dans la zone du projet (les régions de l’Alaï et du Chon-Alaï) ?

I realised that Kyrgyz agriculture focuses on livestock whereas it could easily diverse on vegetables. Animals are often in bad conditions, the pasture are overgrazed and it compounds the landslide problem. The situation is severe…
If I could do a suggest I would say : decrease quantity and increase quality. In fact they are already producing good quality products, but I feel they are not aware of it so they sell under-price.

J’ai réalisé que l’agriculture kirghize se concentre principalement sur l’élevage alors qu’elle pourrait facilement se diversifier avec plus de maraîchage. Les animaux sont souvent en mauvaise santé, les pâturages sur-exploités ce qui provoque l’érosion des sols et des glissements de terrains. La situation est grave… Si je pouvais faire une suggestion je dirais : diminuez la quantité et augmentez la qualité. En fait ils produisent déjà de la qualité, mais j’ai l’impression qu’ils n’en sont pas suffisament conscients ; par conséquent ils sous-vendent leurs produits.

6/ I see… and what are your plans for the following 4 months and a half that you have left here ?
6/ Je vois… et quels sont tes plans pour le temps de stage qu’il te reste à passer ici ?

I have to keep on interviewing yak keepers, but also traders, veterinars… that is to say as many people as possible along the value chain. I will compare the situation here with the one of other countries, do a cost analysis to see where is it possible to add value to this value chain.

Je dois continuer à interviewer des éleveurs de yacks, mais aussi des revendeurs, des vétérinaires… c’est-à-dire autant de personnes que possible sur l’ensemble de la filière. Je prévois aussi de faire la comparaison entre la situation ici et celle d’autres pays, ainsi qu’une analyse des coûts pour trouver où il est possible d’ajouter de la valeur dans la filière.

7/ Ok…thank you very much for your time. So, what can I wish to you for the future ?
7/ D’accord… merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à toutes ces questions. Que puis-je te souhaiter pour le futur ?

That I’m going to achieve my goals… that all this will be useful for the people here. In fact I don’t give a shit for my studies…(laughs)

Que j’atteigne mes objectifs… que tout ça soit utile pour les personnes qui vivent ici. Au final mes études ne sont pas ma principale préoccupation… ! (rires)

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