10 mai 2017 : … pleins de surprises !

Colmatage de la fuite de radiateur en cours !

Premier arrêt. Une heure après le départ, le chauffeur se gare sur le bas-côté et soulève le capot. La température du moteur est montée trop haut et pour cause, le radiateur fuit… il le remplit d’eau fraîche puisée dans la rivière que la route longe, et nous retournons à Kochkor, une petite ville que nous avons dépassé il y a peu.  Il achète une colle spéciale qu’il utilise pour colmater la fuite. Je prête mon opinel pour le mélange, et répond aux dizaines de “Hello” que me lancent un groupe d’enfants qui jouent pas loin de l’endroit où nous nous sommes arrêtés.
Deuxième arrêt. Deuxième colmatage. Nous nous sommes arrêtés près d’un bar, j’en profite pour faire une pause café/gâteaux et faire connaissance avec une des serveuses qui parle un peu anglais. Je suis ennuyée pour le chauffeur et sa femme mais ils prennent plutôt bien les choses, et personnellement je ne suis pas pressée…
Troisième arrêt. La colle ne semble pas vraiment agir, il lui faudrait sûrement plus de temps pour réellement prendre. Après avoir passé un col à 3000 mètres, il faut à nouveau remplir le radiateur d’eau fraîche. Heureusement nous suivons toujours la rivière !
Quatrième arrêt en bas de la descente, pour remplir les bouteilles avec l’eau de la rivière. Cinquième arrêt. Sixième. Après 4 heures de route pour parcourir 180 kilomètres, Continue reading “10 mai 2017 : … pleins de surprises !”

10 mai 2017 : long trajet vers Naryn…

Entre Balyktchy et Naryn.

Aujourd’hui l’objectif est d’aller à Naryn, 400 kilomètres au sud-ouest de Karakol. Pas de chance, lorsque j’arrive à la gare routière les deux minibus qui effectuent quotidiennement le trajet sont déjà partis. Un chauffeur me dit que je peux quand même aller jusqu’à Balyktchy, tout à l’ouest du lac Issyk-Kul. C’est à peu près aux deux-tiers du trajet que j’espère réaliser dans la journée. De là continue-t-il, je trouverai des transports pour Naryn. Je ne sais pas encore si ça sera possible aujourd’hui ou s’il faudra attendre demain.

Dans le bus. Une femme voyage avec ses deux filles, d’environ 6 et 10 ans. Elles jouent, me regardent mi-timides mi-amusées quand je sors mon thermos qui grince quand je le dévisse. À un arrêt une dame d’une cinquantaine d’années monte. La mère des filles leur fait signe de laisser la place qu’elles partageaient à deux. La dame fait signe à la plus petite qu’elle peut s’asseoir sur ses genoux. La petite refuse. La dame insiste. La petite refuse. Deux minutes plus tard, la dame la prend d’autorité sur ses genoux, dans un geste à la fois ferme et bienveillant. La mère et la fille échangent un regard en souriant… derrière cette petite scène anodine, je vois se dessiner les rapports humains entre les kirghizes, leur vision de l’éducation et l’ordre implicite qui règne dans les transports en commun.

Arrivés à Balyktchy, le chauffeur me dépose sur un parking d’où je pourrai continuer ma route vers Naryn. A peine descendue, quatre chauffeurs de taxi m’entourent. Sensation oppressante, d’autant plus que je ne comprend quasiment rien à ce qu’ils me disent.
Une voiture passe, un couple d’une soixantaine d’années, l’homme me demande où je vais. Il a l’air calme, sympathique. Alors que je comprends qu’ils vont à Naryn, une discussion s’engage entre l’homme et les quatre chauffeurs de taxi. Par leurs intonations de voix et les expressions de leurs visages, j’en déduis que les chauffeurs ne sont pas trop d’accord pour que je parte avec le couple. Ils entreprennent de me pousser gentiment mais sûrement vers leurs taxi. N’appréciant que moyennement qu’on essaie de me forcer la main, je finis par réussir à monter avec le couple. Une fois en route j’apprécie l’air, la vitesse et la place, trois critères qui manquent parfois dans les minibus.

Lundi 8 mai 2017 : randonnée dans la vallée d’Altyn Arasha

Sur le chemin vers la vallée d’Altyn Arashan.

Ak-Suu. Un petit village à une vingtaine de minutes de Karakol depuis lequel on peut partir pour une belle randonnée dans la vallée d’Altyn Arasha. Depuis le centre-ville de Karakol j’attrape le bus n°350. Ce dernier me laisse à proximité du point de départ de la randonnée, tout au sud du village. Je dois parcourir 15 kilomètres pour parvenir jusqu’à la vallée où se trouvent les hébergements. Le chemin est large et suit la rivière d’Ak-Suu tout le long, il est difficile de se perdre.

M’étant arrêtée faire une pause auprès d’un troupeau de chevaux, le berger vient discuter un peu avec moi.  Continue reading “Lundi 8 mai 2017 : randonnée dans la vallée d’Altyn Arasha”

Dimanche 7 mai 2017 : jolies rencontres à Karakol

L’originale mosquée de Karakol.

Tien a dû se rendre rapidement à Maïlu-Suu pour un reportage photo, et je suis de retour à Karakol pour quelques jours. J’y retrouve Edu (la volontaire américaine de Peace Corps) qui est là pour le weekend. Avec d’autres volontaires, ils se rejoignent souvent dans cette petite ville pour le weekend, histoire de briser leur isolement de la semaine (la plupart sont éparpillés dans de petits villages pour leur mission).

C’est l’occasion de découvrir leur QG : le Fat Cat, un bar qui sert de vrais cappuccino et de vrais chocolats chauds (standards français). Il y a aussi des “french toasts” (= pain de mie grillé) à arroser de sirop d’érable. De quoi se remonter le moral un jour de pluie… 🙂
C’est à cette occasion que je rencontre Aidai (prononcer “Aïdaï”), kirghize, et Jael, suisse. Toutes les deux parlent un très bon anglais et je crois comprendre qu’elles étudient l’agriculture dans le sud du Kirghizistan. En réalité la première travaille chez Helvetas, et la seconde y fait son stage d’ingénieur agronome… mais ça je le comprendrai plus tard. Pour l’instant elles me parlent de yacks, de montagnes de 7000 mètres, d’une petite ville au pied de ces dernières, et m’invitent à venir les voir quand je serai dans le sud. Ni une ni deux je prends leur contact et m’engage à venir les voir !

Terrible complot sur les décalages horaires

Vous qui croyez qu’entre le Kazakhstan et la France le décalage horaire est seulement de 4 heures, je viens rétablir la vérité : en réalité, pas moins de 2 mois nous séparent*. Si, si, pour preuve la date de mon dernier post, qui vient juste de vous parvenir alors qu’il est daté du 4 avril 2017.  L’hypothèse selon laquelle j’aurais accumulé un tel retard dans mes publications est évidemment à écarter dès à présent de vos petits esprits suspicieux.

Grâce à des efforts surhumains et quotidiens, je vais donc tenter de réduire peu à peu cette faille temporelle à l’aide de mes petits doigts musclés et de mon clavier. Ainsi vous pourrez bientôt lire des articles décalés d’à peine quelques jours entre votre réalité et la mienne.

En attendant et pour vous donner un avant-goût des aventures à venir, nous sommes au Kazakhstan depuis presque un mois déjà. D’ici quelques jours nous continuerons notre route vers la Mongolie en passant par la frontière russe… à suivre !

*Et malheureusement le taux d’inflation ne cesse d’augmenter. Les derniers relevés témoignent d’un retard atteignant plus de 3 mois…

Jeudi 4 mai 2017 : point Mongolie

Notre yourte pour 3 nuits 🙂

À Karakol recherches actives sur l’organisation de la suite du voyage, surtout la partie concernant la Mongolie. L’occasion de faire un point “démarches”.
A l’heure actuelle, le visa tourisme classique est de 30 jours seulement pour les ressortissants français, et coûte 58$ (soit 50 euros). Il est possible de demander une extension de 30 jours supplémentaires, mais nous ne sommes pas encore sûrs de pouvoir l’obtenir au moment de la demande de visa ou s’il faudra attendre d’être en Mongolie. Nous pensons faire notre demande depuis Bichkek, Almaty ou Astana. Les 3 semblent possibles mais cela reste à vérifier, il n’est pas facile d’obtenir des informations précises sur ces sujets. Dans tous les cas, une extension nécessite de s’enregistrer au Bureau de l’immigration dans les 7 jours suivant notre arrivée, à Oulan-Bator.
Nous étudions plusieurs possibilités : Continue reading “Jeudi 4 mai 2017 : point Mongolie”

Helvetas Swiss Intercooperation

Du 24 au 31 mai 2017, j’ai accompagné l’équipe d’Helvetas Suiss Intercooperation, une organisation non gouvernementale (ONG) suisse. Présente en Afrique, Asie, Amérique du Sud et Europe de l’Est, ses actions tendent à améliorer les conditions de vie de personnes défavorisées dans les régions rurales.

Leur premier projet a débuté en 1994 au Kirghizstan, il avait pour nom “Agroproject”. Depuis une structure hybride a été créée, baptisée Kyrgyz-Swiss Agricultural Programme (KSAP), permettant à l’ONG de travailler en coopération étroite avec le ministère de l’agriculture et de l’eau kirghize.  Actuellement 6 projets sont en cours dans différentes régions du pays.

J’ai personnellement passé une semaine à Gulcha, dans le sud du Kirghizstan, à 85 kilomètres de Osh (la 2ème plus grande ville du pays, environ 250 000 habitants).  Le projet mené là-bas se nomme “Programme pour les petites entreprises et de création de revenus dans (les régions d’) Alai et Chon Alai” (en anglais “Small Business and Income Creation Programme in Alai and Chon Alai”). Le but de ce dernier est de contribuer à réduire la pauvreté : en œuvrant pour l’augmentation des revenus, et en améliorant le taux d’emploi grâce à l’accès des femmes et des jeunes à l’auto-entreprise. Le but est de provoquer un effet d’entraînement qui fera émerger des marchés locaux, et améliorera la vision qu’ont les jeunes de leur région en terme de perspectives économiques.

Le projet, dont la phase initiale a débuté en 2013, a été pensé pour s’étendre sur 10 ans et prend en considération l’ensemble de la population d’Alai et Chon Alai, soit environ 100 000 personnes pour 24000 ménages.

 

Destination Asie Centrale

Ce voyage a commencé il y a quelques mois. Le 4 avril 2017 nous décollions de Paris pour Istanbul, où nous avons fait escale pendant 5 jours. Nous sommes arrivés par hasard en plein milieu de la campagne pour le référendum proposé par le président turc Erdogan. Vous pouvez retrouver les photos de Tien ici. Hébergés en couchsurfing chez Aysel et Büllent une bonne partie de la semaine (qui nous ont accueillis comme des rois !), la transition de l’Europe vers l’Asie s’est ainsi faite en douceur…

Une petite semaine plus tard donc, nous avons fait nos premiers pas au Kirghizstan. En attendant que tout soit transféré ici, vous pouvez retrouver le début de nos aventures par là…