Une ONG en Mongolie : le GERES

À l’intérieur d’une serre solaire passive dans le Khentii, en Mongolie. Un mur isolant et restituant de la chaleur est orienté nord, et une bâche en polyéthylène dirigée vers le sud potentialise l’énergie solaire.

Le GERES : une ONG française engagée pour un développement rural durable

Le GERES (pour “Groupe Energies Renouvelables, Environnement et Solidarité”) est présent dans deux régions en Mongolie : l’Arkhangaï et le Khentii. Leur mission est de parvenir à développer la filière maraîchère, dans ce pays où les légumes sont encore généralement peu mis en valeur. Le régime alimentaire traditionnel se compose principalement de produits laitiers et de viande, les morceaux les plus gras et les abats étant particulièrement plébiscités… il est courant de trouver des carottes, des oignons, des pommes de terre et des choux en accompagnement, mais en petites quantités. Même si le métabolisme des mongols s’est en partie adapté à cette alimentation, reste qu’à partir de 50 ans ils déclarent souvent des problèmes de santé qui seraient directement liés à la surconsommation de protéines animales et au manque de diversité dans l’alimentation.

La mise en place d’une filière maraîchère durable implique de réussir à mobiliser toute une chaîne d’acteurs qui puissent interagir efficacement et dans le temps. Le GERES déploie en ce sens une stratégie qui donne des impulsions dans différentes directions : soutien au développement des petits producteurs mais aussi à l’agrandissement de certains, ce qui a pour externalité positive d’alimenter l’investissement privé. Par exemple, lorsque le GERES finance à 50% la construction d’une nouvelle serre et que l’agriculteur apporte le reste du financement, cela donne du travail à toute une équipe de maçons pour plusieurs mois. (Petite parenthèse, il serait d’ailleurs plus juste de parler d’agricultrices que d’agriculteurs, car dans cette profession en Mongolie ce sont les femmes qui occupent le devant de la scène !).

L’un des grande contribution du GERES consiste effectivement à diffuser la construction de serres solaires passives. Spécialement conçues pour protéger des grands froids et potentialiser au maximum l’énergie solaire, elles permettent d’étendre la période de production de plusieurs mois. Un résultat important dans ce pays où les températures extrêmes permettent de cultiver en plein champ seulement 4 mois dans l’année.
L’ONG a également introduit la production de légumes au sein de plusieurs écoles pilotes, et travaille actuellement à la mise en place d’une formation technique spécialisée dans le maraîchage. Pour l’instant au lycée technique d’Ondorkhan (la plus grande ville du Khentii, région nord-est d’Oulan-Bator), seules des formations tournées vers l’élevage existent. La prison locale s’est également vue dotée d’une parcelle de légumes sur laquelle les détenus peuvent s’exercer, et par la même occasion obtenir une remise de peine.

Le maraîchage en Mongolie

De la fin XVIIème siècle jusqu’au début du Xxème siècle, la Mongolie était sous domination Mandchou. La diaspora chinoise qui s’installa alors sur le territoire mongol apporta avec elle la culture des légumes (voir ici).
Plus tard lorsque les Bouriates, des nomades traditionnellement installés dans la région du lac Baikal, se mirent à fuir la guerre civile russe (1917-1921), certains s’installèrent dans le nord de la Mongolie. Ils transmirent alors leurs connaissances aux locaux sur les cultures potagères. Malheureusement ce savoir se perdit rapidement pendant la période de centralisation de la production, sous l’Union Soviétique. Il n’était théoriquement pas interdit d’avoir un potager à soi, mais l’emploi du temps décidé par les coopératives ne laissaient pas suffisamment de temps libre pour pouvoir s’en occuper.
À la chute de l’Union Soviétique après 70 ans de tutelle russe, les productions végétales diminuèrent fortement en Mongolie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : alors que dans les années 1990 la Mongolie était autonome en céréales, pommes de terre et légumes, dans les années 2000 elle ne produisait plus que 25% de ses besoins en blé, 40% de ses besoins en légumes et 70% pour les pommes de terre.

Caractéristiques pédologiques générales en Mongolie :

– présence sporadique d’un permafrost* de 0,5m à 2,5m
– formation du sol principalement sous des températures négatives
– période d’activité biologique très courte (3 à 5 mois/an)
– processus de dégradation chimique lent
– accumulation de carbone dans les sols des steppes
– sols pierreux avec une accumulation de couches de matière organique

* le permafrost (ou pergélisol) est un terme géologique qui désigne un sol dont la température se maintient en dessous de 0°C pendant plus de deux ans consécutifs. Il représente 20% de la surface terrestre de la planète. Le permafrost est recouvert par une couche de terre, appelée « zone active », qui dégèle en été et permet ainsi le développement de la végétation.

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